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vendredi 14 décembre 2012

La forêt amazonienne perd 240 000 km²

L’atlas « Amazonie sous pression » révèle qu’en 10 ans, une zone équivalente à la superficie du Royaume-Uni a été déboisée et que 80% de la déforestation a eu lieu au Brésil.

Herton Escobar - O Estado de S.Paulo

Malgré le recul de la déforestation au Brésil, la forêt amazonienne continue de disparaître de la carte à un rythme alarmant sur le continent sud-américain. En à peine 10 ans, de 2000 à 2010, l’Amazonie a perdu près de 240 000 kilomètres carrés de couverture forestière, ce qui équivaut à la superficie du Royaume-Uni et un peu moins de la superficie de l’Etat de Sao Paulo. 80% de cette déforestation a eu lieu au Brésil, qui possède, de loin, la plus grande surface de forêt du continent (62%).


Ces données proviennent de l’atlas « Amazonie sous pression », publié mardi 4 décembre par l’organisme Réseau amazonien d'informations socio-environnementales géolocalisées (Rede Amazônica de Informações Socioambientais Georreferenciadas,RAISG), qui est constitué de 11 organisations de 9 pays de l’Amazonie (la Bolivie, le Brésil, la Colombie, l’Équateur, le Guyana, la Guyane française, le Pérou, le Suriname et le Venezuela). Le RAISG publie fréquemment des cartes, des graphiques et des tableaux contenant les données détaillées du développement et de la destruction de cette région.
La déforestation accumulée lors de cette décennie correspond à 4,5 % de la surface de forêt qui existait depuis le début du siècle (soit 68,8 millions de km²). Le Brésil est le pays qui a le plus contribué à cette déforestation, mais il est également celui qui l’a combattue le plus efficacement de 2005 à 2010, afin que le taux annuel de déforestation passe de 19 000 à 7 000 km². Plus récemment, de 2011 à 2012, cet indice a encore baissé, pour atteindre 4 600 km², le niveau le plus bas jamais enregistré par l’Institut national de la recherche spatiale (Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais, INPE) depuis 1988.
«Tout ce que fait le Brésil a une énorme influence sur les autres pays amazoniens », a déclaré le coordinateur général du RAISG, Beto Ricardo, de l’Institut socio-environnemental (Instituto Socio-Ambiental, ISA). En l’occurrence, le Brésil a donné un bon exemple avec la mise en place de systèmes de surveillance par satellite. Dans le même temps, il donne également des signes inquiétants avec l’occupation désordonnée et prédatrice de la forêt et avec le débat actuel du nouveau Code forestier brésilien (Código Florestal).
Le bilan général que l’on peut dresser de l’atlas reste préoccupant, malgré le fait que seuls 45% de la région soient couverts par des unités de conservation et par des terres indigènes (contre 41% en 2009). Selon Ricardo, les menaces contre la forêt « ont augmenté de manière exponentielle ». « Le fameux arc de déforestation à la frontière Est de l’Amazonie brésilienne rejoint les basses-terres de l’Amazonie bolivienne. Par ailleurs, nous avons également un arc issu des intérêts pour l’exploitation du pétrole, du gaz et la construction de centrales hydro-électriques des pays andins, ainsi que les énormes enjeux de l’exploitation minière qui menace des zones protégées », déclare-t-il. Selon l’atlas, il existe 171 centrales hydro-électriques opérantes en Amazonie et 246 prévues ou à l'étude. 

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