Dieu merci, enfin un sommet européen ennuyeux. « C’est mon premier sommet sans défaut de paiement, sans rupture, ni catastrophe » a déclaré Enda Kenny, chef du gouvernement de l’Irlande. « Nous avons eu une discussion constructive et normale. » Le Président Français, Nicolas Sarkozy, est même allé plus loin : « Nous ne sommes pas sortis de la crise économique, mais nous sommes en train de tourner la page de la crise financière. »
Un nouveau traîté imposant une plus grande
displicine budgétaire des membres de la zone euro et de huit autres membres (le
Royaume-Uni et la République Tchèque ont refusé d’y adhérer) a été signé
aujourd’hui après des négociations menées en un temps record. « La baisse
des écarts des taux de rendement des obligations de la France et des autres pays
a montré que la situation est en cours de stabilisation. C’est un grand
soulagement », a déclaré Monsieur Sarkozy. L’Union Européenne essaie
maintenant de concentrer son attention sur la croissance à plus long terme.
Si l’Europe peut aujourd’hui respirer plus
facilement, c’est principalement grâce à deux Italiens nommés Mario. Le
premier, Mario Monti, le Premier Ministre technocratique italien, a commencé à
sortir l’Italie de la faillite, par le biais de réductions budgétaires et de
réformes structurelles.
Mais surtout, Mario Draghi, le Président de
la Banque Centrale Européenne, a administré une double dose de morphine
financière en baissant les taux des prêts à trois ans pour toutes les banques de
la zone euro qui en ont besoin, ce qui a soulagé la douleur aiguë dont
souffrait l’Union Européennne. Mais la zone euro est loin d’être guérie : de
nombreux symptômes inquiétants subsistent encore.
Les leaders de l’Union Européenne ont plus
d’un motif pour tenir un discours rassurant sur une zone euro en voie de
guérison : Monsieur Sarkozy rentre dans la campagne pour briguer un second
mandat et souhaite donc s’attribuer le mérite d’avoir sauvé l’euro ; Madame
Merkel souhaite que les pays arrêtent de demander davantage de financements;
Monsieur Monti veut mener à la dérive l’entente franco-allemande en construisant
des alliances avec les pays libéraux de l’Europe du Nord sur le thème du marché
unique; l’Irlande et le Portugal souhaitent prendre leurs distances vis à vis
de la Grèce; et beaucoup veulent éviter des réformes structurelles qui
pourraient avoir des conséquences plus graves que de la réduction budgétaire.
Traduit de The Economist.
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http://www.economist.com/blogs/charlemagne/2012/03/european-summit

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