En 2012, la
concurrence pour les postes à pourvoir est devenue encore plus féroce et les
salaires ont augmenté d’une manière moins significative, selon les nouveaux
indicateurs de Catho – Fipe*.
SÃO PAULO – N’existe-t-il
qu’un seul thermomètre pour prendre la température du marché du travail ? La Recherche mensuelle de l’emploi (PME - Pesquisa Mensal de Emprego) de
l’Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE, Instituto
Brasileiro de Geographia e Estatística), nous fournit chaque mois des
informations sur l’offre de main d’œuvre. Et si, de l’autre côté, nous
analysions le nombre de postes à pourvoir (en l'occurrence, la demande des entreprises) ? Dans ce cas, la conclusion est que la
situation de l’emploi dans le pays continue à être favorable mais n’est pas au
mieux, comme le suggèrent les derniers taux de chômage. C’est un signe que
l’économie en baisse affecte déjà le rythme des embauches.
Voici le résumé
des trois nouveaux indicateurs du marché du travail, que la FIPE et le site de
base de candidats Catho lancent ce mercredi 16 janvier 2013.
« Lorsque vous analysez un marché, il est important d’avoir la vision
des deux côtés, celui de l’offre et celui de la demande. Dans le cas du marché
du travail, jusqu’à présent, nous n’avions que peu d’informations sur la
demande », déclare Eduardo Zylberstajn, coordinateur de l'étude effectuée.
L’une des
manières d’analyser la demande sur le marché du travail citée par Zylberstajn
est l’Indice Catho-Fipe de poste par candidat (IVC - índice Vagas por Candidato).
Plus cet indice est élevé, plus le marché est favorable pour le travailleur.
Fin 2012, il était d’environ 0,75, soit 0,75 poste par candidat, ce qui est un
résultat plus faible qu’en 2011 (0,77) et qu’en 2010 (0,95). Ainsi, il est
possible d’estimer que la concurrence pour un poste à pourvoir a été plus forte
en 2012 que lors des deux années précédentes. « Avec l’IVC, nous arrivons
à savoir que la relation candidat par poste n’est pas au mieux. D’après cette
analyse, ça n’est pas la meilleure période pour le marché du travail depuis ces 10
dernières années (comme le démontre le taux de chômage) » affirme t-il.
Toutefois, en
décembre, l’IVC donnait déjà des signes de reprise (il a atteint 1,08). Si
l’on déflate les effets saisonniers, ce chiffre représentait une hausse de 6% comparé
à novembre et de 20% comparé à décembre 2011. « En 2010, au pic d’activité
de l’économie brésilienne, cet indicateur était très élevé et il est en baisse
depuis ce moment-là. Cependant, depuis le second semestre 2012, il donne déjà des
signes de reprise » affirme Zylberstajn.
Salaires
Un autre indice,
celui des salaires proposés, permet également d’appréhender le marché du
travail tel qu’il est aujourd’hui. Lors des trois dernières années, les
salaires proposés ont augmenté à un rythme inférieur à ceux négociés à l’embauche
(une moyenne de 20,5% contre 33,6%, incluant des données jusqu’à novembre 2012).
Mais il s’agit
d’une tendance qui est en train de changer. Par exemple, de novembre 2011 à
novembre 2012, le salaire proposé par les entreprises a augmenté de 14,1%, alors
que celui négocié à l’embauche a moins augmenté : 13,7%. Ainsi, il est
possible de dire que le marché n’est pas autant en surchauffe qu’on le dit, ce
qui diminue le pouvoir de négociation du travailleur. L’indicateur compare
l’évolution des salaires proposés avec l’évolution des salaires inscrits dans
les contrats de travail, disponibles dans les bases du Registre général des employés
et des personnes sans emploi (Caged - Cadastro Geral de Empregados e Desempregados).
Chômage
La FIPE va désormais
également calculer une sorte d’estimation préalable du taux de chômage, bien
que sa méthodologie soit différente de celle utilisée par l’IBGE.
La base de données
est principalement composée par des informations recueillies sur Internet.
L’une des données sont les recherches sur Google. Une hausse subite de la
recherche du terme « assurance chômage », par exemple, est un
indicateur que les entreprises sont en train de licencier. Il s’agit d’un type
de méthode appelée « nowcasting » (« prévoir le présent »), déjà
utilisé à l’étranger pour identifier des tendances allant des nouveaux foyers
de grippe porcine aux zones où il existe un risque de défaut de paiement des
hypothèques immobilières.
En outre, la Fipe
utilise les données du site Catho, qui dispose de 300 000 curriculum vitae
et 300 000 postes à pourvoir et apporte des informations sur les postes,
les candidats et les embauches.
Pour décembre 2012,
la Fipe estime que le taux calculé par l’IBGE reste de 4,4%. Si cela est
confirmé, il s’agit du plus bas niveau de chômage depuis que cet indicateur a été
créé. Comme il ne s’agit pas du taux officiel, il a reçu le nom de « taux
de chômage anticipé ». Il sera divulgué à chaque fin de mois, avant
l’indice de l’IBGE. « Dans des moments de crise, par exemple, il sera
possible de savoir de manière plus anticipée comment le marché réagit », selon
Zylberstajn.
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