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lundi 21 janvier 2013

Brésil - L’économie en baisse affecte déjà le marché du travail



En  2012, la concurrence pour les postes à pourvoir est devenue encore plus féroce et les salaires ont augmenté d’une manière moins significative, selon les nouveaux indicateurs de Catho – Fipe*.



SÃO PAULO – N’existe-t-il qu’un seul thermomètre pour prendre la température du marché du travail ? La Recherche mensuelle de l’emploi (PME - Pesquisa Mensal de Emprego) de l’Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE, Instituto Brasileiro de Geographia e Estatística), nous fournit chaque mois des informations sur l’offre de main d’œuvre. Et si, de l’autre côté, nous analysions le nombre de postes à pourvoir (en l'occurrence, la demande des entreprises) ?  Dans ce cas, la conclusion est que la situation de l’emploi dans le pays continue à être favorable mais n’est pas au mieux, comme le suggèrent les derniers taux de chômage. C’est un signe que l’économie en baisse affecte déjà le rythme des embauches.

Voici le résumé des trois nouveaux indicateurs du marché du travail, que la FIPE et le site de base de candidats Catho lancent ce mercredi 16 janvier 2013. « Lorsque vous analysez un marché, il est important d’avoir la vision des deux côtés, celui de l’offre et celui de la demande. Dans le cas du marché du travail, jusqu’à présent, nous n’avions que peu d’informations sur la demande », déclare Eduardo Zylberstajn, coordinateur de l'étude effectuée.

L’une des manières d’analyser la demande sur le marché du travail citée par Zylberstajn est l’Indice Catho-Fipe de poste par candidat (IVC - índice Vagas por Candidato). Plus cet indice est élevé, plus le marché est favorable pour le travailleur. Fin 2012, il était d’environ 0,75, soit 0,75 poste par candidat, ce qui est un résultat plus faible qu’en 2011 (0,77) et qu’en 2010 (0,95). Ainsi, il est possible d’estimer que la concurrence pour un poste à pourvoir a été plus forte en 2012 que lors des deux années précédentes. « Avec l’IVC, nous arrivons à savoir que la relation candidat par poste n’est pas au mieux. D’après cette analyse, ça n’est pas la meilleure période pour le marché du travail depuis ces 10 dernières années (comme le démontre le taux de chômage) » affirme t-il.

Toutefois, en décembre, l’IVC donnait déjà des signes de reprise (il a atteint 1,08). Si l’on déflate les effets saisonniers, ce chiffre représentait une hausse de 6% comparé à novembre et de 20% comparé à décembre 2011. « En 2010, au pic d’activité de l’économie brésilienne, cet indicateur était très élevé et il est en baisse depuis ce moment-là. Cependant, depuis le second semestre 2012, il donne déjà des signes de reprise » affirme Zylberstajn.

Salaires

Un autre indice, celui des salaires proposés, permet également d’appréhender le marché du travail tel qu’il est aujourd’hui. Lors des trois dernières années, les salaires proposés ont augmenté à un rythme inférieur à ceux négociés à l’embauche (une moyenne de 20,5% contre 33,6%, incluant des données jusqu’à novembre 2012).

Mais il s’agit d’une tendance qui est en train de changer. Par exemple, de novembre 2011 à novembre 2012, le salaire proposé par les entreprises a augmenté de 14,1%, alors que celui négocié à l’embauche a moins augmenté : 13,7%. Ainsi, il est possible de dire que le marché n’est pas autant en surchauffe qu’on le dit, ce qui diminue le pouvoir de négociation du travailleur. L’indicateur compare l’évolution des salaires proposés avec l’évolution des salaires inscrits dans les contrats de travail, disponibles dans les bases du Registre général des employés et des personnes sans emploi (Caged - Cadastro Geral de Empregados e Desempregados).

Chômage

La FIPE va désormais également calculer une sorte d’estimation préalable du taux de chômage, bien que sa méthodologie soit différente de celle utilisée par l’IBGE.

La base de données est principalement composée par des informations recueillies sur Internet. L’une des données sont les recherches sur Google. Une hausse subite de la recherche du terme « assurance chômage », par exemple, est un indicateur que les entreprises sont en train de licencier. Il s’agit d’un type de méthode appelée « nowcasting » (« prévoir le présent »), déjà utilisé à l’étranger pour identifier des tendances allant des nouveaux foyers de grippe porcine aux zones où il existe un risque de défaut de paiement des hypothèques immobilières.

En outre, la Fipe utilise les données du site Catho, qui dispose de 300 000 curriculum vitae et 300 000 postes à pourvoir et apporte des informations sur les postes, les candidats et les embauches.

Pour décembre 2012, la Fipe estime que le taux calculé par l’IBGE reste de 4,4%. Si cela est confirmé, il s’agit du plus bas niveau de chômage depuis que cet indicateur a été créé. Comme il ne s’agit pas du taux officiel, il a reçu le nom de « taux de chômage anticipé ». Il sera divulgué à chaque fin de mois, avant l’indice de l’IBGE. « Dans des moments de crise, par exemple, il sera possible de savoir de manière plus anticipée comment le marché réagit », selon Zylberstajn.

*Note de la traductrice : Fondation – institut des recherches économies (FIPE - Fundação Instituto de Pesquisas Econômicas)




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